jeudi 6 mars 2008

Encore Ohio

http://obamafrance.blogspot.com/

Décidément le "swing state" de l’Ohio nous aura habitué à des surprises électorales bien douloureuses. Il a offert une réélection inespérée à G. W. Bush en 2004 conduisant à un véritable désastre politique et a remis en selle, hier soir, Hillary Clinton dans la course à l’investiture démocrate.

Même si le décompte des délégués élus par les primaires et les caucus est toujours largement en faveur de Barack Obama et qu’il est très peu probable que le mouvement Obama puisse être arithmétiquement et donc démocratiquement stoppé (l’hypothèse d’une décision prise sur le tapis vert derrière les portes fermées avec les Clinton et leurs réseaux reste d’actualité), les victoires de Clinton et en particulier celle dans l’Ohio témoignent de profonds clivages sociaux et culturels envenimés par la personnalité même de Clinton.

Toutes ces tendances sont en contradiction avec les scrutins précédents dans le Wisconsin et en Virginie. Et ceci a une raison. Pendant les 3 derniers jours précédant les scrutins d’hier, le camp Clinton a déversé un torrent de boue comme il est d’usage dans une bonne campagne américaine bien traditionnelle. Sa seule stratégie a été de devenir négative et virulente. Elle peut apparaître payante à première vue pour Clinton parce qu’elle a stoppé la spirale de 12 défaites consécutives mais le très faible nombre de délégués effectivement gagnés par Clinton hier (vraisemblablement moins de 10) doit faire sérieusement réfléchir les chefs du parti démocrate et les superdélégués jusque là bien silencieux.

Clinton s’est livrée à des attaques tous azimut indignes contre Barack Obama, questionnant sa capacité d’incarner le rôle du commandant en chef (une publicité de campagne stupide, montrant Clinton plus prête que son rival pour répondre à un appel sur la ligne rouge de la Maison Blanche à 3:00 AM et résoudre une crise internationale …) et questionnant ses rapports avec un homme d’affaires corrompu (Tony Rezko) qui, soit disant, lui avait facilité l’achat de sa résidence principale. Elle paraît plus négative et "divisive" que jamais. Espérons que cette posture sera rejetée par les électeurs des primaires à venir.

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