mardi 4 mars 2008

L'ouverture Politique selon Barack OBAMA

http://obamafrance.blogspot.com/

Le positionnement sur l’échiquier politique est souvent un choix fondateur dans une campagne électorale. Ce fut une question majeure, mais très rapidement évacuée (pour ne pas dire bâcler), entre la gauche et l’extrême gauche pour les scrutins de 2002 et 2007. Ce fut la principale raison du succès de François Bayrou au premier tour en 2007. Et enfin, ce fut à l’origine même de ce que Nicolas Sarkozy a appelé la politique d’ouverture lors de la composition de son gouvernement. Il a réussi à vider de leur substance des positionnements politiques qui auraient pu s’avérer audacieux (bien que parfois très maladroitement exposés entre les 2 tours) tels que ceux revendiqués par le MODEM et une partie du PS. Ce fut une victoire stratégique énorme qui lui a offert la présidence et une majorité confortable aux législatives. Sarkozy a réussi l’exploit de capitaliser sur cette nécessité de dépasser les clivages politiques traditionnels alors que sa plateforme électorale était clairement ancrée à droite, une bonne vieille droite bien dure, reniant ouvertement l’héritage politique et social des mouvements progressistes (liquider Mai 68), mettant en cause les acquis de la laïcité (l’incroyable discours de Latran : http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&cat_id=7&press_id=819 ), se proposant de redéfinir l’identité de la France (par le biais d’un Ministère traitant de l’immigration et de l’identité nationale), affirmant les origines religieuses de l’UE pour faire cesser les négociations d’adhésion avec la Turquie, etc.

La même question de positionnement et de sa conséquence en terme d’ouverture politique s’est posée de façon beaucoup plus sérieuse, intéressante et claire dans le débat électoral entre Barack Obama et Hillary Clinton. L’ouverture selon Obama est la condition sine qua non pour faire aboutir des idées justes, qui trop souvent, finissent par mourir une fois qu’elles atteignent Washington. Il ne suffit pas, dit-il, d’avoir de bonnes idées. Il faut savoir réunir une majorité politique susceptible de faire aboutir ces idées dans un but commun, un but supérieur (Cette majorité, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy l’ont eu en 1995 et 2007. Ont-ils pour autant réuni les Français autour de projets consensuels vitaux pour notre pays?).

Hillary Clinton, quant à elle, catégorisée comme une personnalité polarisante et symbolisant un fort clivage politique (on l’aime ou on la déteste), s’est définie comme une cogneuse, s’apprêtant à livrer une guerre sans merci aux Républicains en vue du scrutin de Novembre. David Brooks a daté précisément dans le NYT le début de cette différenciation majeure en terme de positionnement. Cela a eu lieu d’après lui le 10 Novembre dernier lors de discours prononcés par les candidats à l’occasion d’une réunion du Parti Démocrate. http://www.nytimes.com/2008/03/04/opinion/04brooks.html?_r=1&hp&oref=slogin

Pour écouter et voir le discours de Barack Obama : http://www.barackobama.com/2007/11/10/remarks_of_senator_barack_obam_33.php

Tous les sondages montrent que les indépendants et dans une certaine mesure les Républicains sont très sensibles à cette quête de l’unité du pays et à ce dépassement des clivages traditionnels. Dans les primaires et caucus dits « ouverts » où les électeurs peuvent librement choisir leur candidat quelque soit leur étiquetage politique, Obama a fait un malheur. C’est également la raison de son avance significative dans les sondages nationaux qui le donnent clairement vainqueur face à John McCain alors que Hillary Clinton serait elle battue. Espérons que cet argument d’"electability" permettra à Obama de franchir la barrière Clinton ce soir au Texas et dans l’Ohio. L’exigence de l’ouverture politique aura alors franchi un test de grande envergure dans la plus grande démocratie du monde.

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