http://stoplepen.blog.lemonde.fr/
http://obamafrance.blogspot.com/
Après plusieurs bouts d'interview catastrophiques avec Katie Couric de CBS News ces 15 derniers jours et alors que l'économie américaine et les marchés financiers, tout comme la campagne de McCain, touchaient le fond, Sarah Palin s'est donc mesurée à la montagne Joe Biden lors du débat des candidats à la Vice-présidence des Etats-Unis hier soir (http://www.realclearpolitics.com/articles/2008/10/the_vice_presidential_debate.html).
Les « expectations », comme le disent les états-majors de campagne, étaient tellement réduit à néant que Palin ne pouvait que paraître "plutôt meilleure/moins catastrophique que prévue" dans les sondages post-débat. Mais au delà de la forme, même s'il m'est difficile de ne pas être partisan, ce flot de mots appris par cœur depuis un mois par un coaching intensif des anciens conseillers de Bush, bourrés de stéréotypes-charabia populistes déversés par la colistière de McCain n'a pu cacher son immense manque de qualification pour le job. (amateurs de rigueur verbale et intellectuelle s'abstenir: "Joe Sixpack", "hockey moms", kid's soccer game on Saturday, "drill baby drill" chant, maverick, "darn right it was the predator lenders", "darn right we need tax relief for Americans so that jobs can be created here", "Ah, say it ain't so, Joe", "Now, doggone it, let's look ahead", etc.).
Joe Biden au contraire a été précis, dur dans ses attaques, sans cependant cibler Palin directement et personnellement mais le haut du ticket GOP, son ami de 22 ans, John McCain : "John McCain has been dead wrong", a-t-il martelé à plusieurs reprises notamment au sujet de l'Irak. Quelque part, le goût d'inachevé laissé au terme du débat présidentiel par la douceur et la retenue désormais légendaires de Barack Obama a été contrebalancé par les charges sévères et précises du Sénateur de Delaware hier soir.
Les propos de Palin étaient souvent vagues et générales voire hors sujet : quelques passages à vide, refus de répondre directement aux questions posées, changement de sujet pour revenir a un sujet plus familier, répété tel un perroquet, etc.
Mais revenons aux faits, au delà des mots et de la forme, qui reconnaissons-le, n'ont pas été fatals à Sarah Palin hier soir:
- Le débat était l'une des dernières grandes occasions télévisées pour le GOP de changer la donne en faisant de cette élection un referendum sur la personnalité d'Obama. Or ce débat est devenu un véritable crash test politique pour la gouverneure d'Alaska. Un test a double tranchant hypothéquant non seulement le sort de la campagne présidentielle à court terme mais aussi son propre avenir en tant qu'un éventuel leader du parti Républicain dans le cas d'une défaite de McCain. De ce point de vue, McCain et Palin n'ont pas pu saisir l'occasion. Ce débat n'a pas été un "game changing event" mais un débat sur la personnalité et les carences supposées ou réelles de Palin.
- Sur l'Irak, Palin a confirmé sans surprise la vision de McCain à savoir un retrait programmé est synonyme de défaite et que les Etats-Unis devront rester en Irak jusqu'à la victoire finale (malgré les demandes de Nouri Al-Maliki et les dernières décisions de l'administration Bush ???!!!)
o "Your plan is a white flag of surrender in Iraq"
o "We're getting closer and closer to victory, and it would be a travesty if we quit now in Iraq"
- Sur le "surge", ce bon vieil argument central à la candidature McCain depuis 2 ans, elle a martelé qu'il avait réussi sans préciser qu'à présent le surge est bien dernier nous et qu'il n'a abouti à aucun résultat politique (ce qui était pourtant l'objectif stratégique initial de ce plan). Elle n'a présenté aucune stratégie de sortie de guerre pour mettre fin à cette catastrophe.
- Sur l'Iran, elle a réutilisé les phrases alarmantes standard sans proposer la moindre démarche de résolution de crise. Par défaut, la seule option sérieuse pour le ticket Républicain semble bien être une nouvelle guerre sans fin (« bomb bomb bomb Iran »)
Il faut bien quelques jours de repos pour se désintoxiquer des propos de Palin ! Mais à force de se focaliser sur les carences de Palin, McCain perd un temps ultra précieux à 30 jours des élections et une énergie considérable (toute une équipe d'experts et de conseillers mobilisée pour éviter des faux pas). Hier, sa campagne a annoncé à Politico.com qu'elle se retirait de Michigan, un swing State qui, il y a quelques semaines, semblait pourtant à leur portée. L'expectative pré-débat a porté un préjudice énorme à la campagne McCain car la gestion de cette distraction (jargon Obama !) qu'est devenue Sarah Palin a fait perdre un temps considérable.
PS: L'éditorial du NYT assassine littéralement McCain pour avoir choisi Palin
In the end, the debate did not change the essential truth of Ms. Palin's candidacy: Mr. McCain made a wildly irresponsible choice that shattered the image he created for himself as the honest, seasoned, experienced man of principle and judgment. It was either an act of incredible cynicism or appallingly bad judgment.
http://stoplepen.blog.lemonde.fr/
http://obamafrance.blogspot.com/

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire