mardi 28 octobre 2008

Les 7 minutes et 8 secondes du Général Colin Powell

 
L'ancien Secrétaire d'Etat américain Colin Powell a apporté son soutien à Barack OBAMA. Son réquisitoire de 7 minutes et 8 secondes, que le journaliste de Meet the Press a eu l'intelligence de ne pas interrompre, a été dévastateur pour McCain. L'étroitesse de vue, la droitisation de la politique du GOP, le cynisme des attaques personnelles de la campagne McCain contre Obama ont tous motivé le choix de cet ancien Général, chef d'état-major interarmées, l'un des Républicains les plus respectés du paysage politique américain. Il a souligné par exemple qu'il avait de sérieuses réserves contre la nomination de nouveaux juges conservateurs à la Cour suprême (mettant en danger le doit à l'avortement par exemple).

 

Mais le passage le plus impressionnant de sa charge contre McCain et le GOP a été indiscutablement lorsqu'il a évoqué les rumeurs affirmant que "Barack OBAMA est un musulman". "Mais la vraie réponse est : et s'il l'était (musulman)?  Qu'est-ce qu'il y de mal à être musulman dans ce pays ? Y-a-t-il un problème avec un gamin américain de 7 ans de confession musulmane croyant qu'il peut un jour devenir président ? … ceci n'est pas digne de l'Amérique".

 

Et pour enfoncer le clou, il a fait référence à une photo magnifique mais d'une infinie tristesse, parue dans le New Yorker, montrant la mère d'un soldat tué en Irak, au cimetière d'Arlington, la tête posée sur la pierre tombale. "… et sur cette pierre on pouvait lire la liste des prix et distinctions de ce soldat, qu'il était mort en Irak, sa date de naissance et de mort. Il avait 20 ans… et tout en haut de cette pierre, il n'y avait pas une croix chrétienne, ni une étoile de David, mais le croissant et l'étoile de la foi musulmane. Et son nom était Kareem Rashad Sultan Khan, et il était Américain. Né à New Jersey. Il avait 14 ans au moment du 11 septembre et il a attendu jusqu'à ce qu'il puisse partir pour servir sa patrie, et il y laissa la vie. Et là, nous devons cesser de nous polariser, de nous diviser. "

 

En quelques minutes, Powell a brillamment effacé le souvenir de son fameux plaidoyer aux Nations-Unis pour justifier la guerre en Irak, photos de stocks d'armes de destruction massive à l'appui. Il a propulsé Obama vers la victoire et repoussé avec force les aspects les plus rétrogrades du parti Républicain.

 

http://thelede.blogs.nytimes.com/2008/10/19/more-on-the-soldier-kareem-r-khan/index.html?ref=politics

 

Text et Vidéo :

http://www.msnbc.msn.com/id/27265369/

http://www.msnbc.msn.com/id/27266223/

 

Verbatim :
I'm also troubled by, not what Senator McCain says, but what members of the party say. And it is permitted to be said such things as, "Well, you know that Mr. Obama is a Muslim." Well, the correct answer is, he is not a Muslim, he's a Christian.  He's always been a Christian.  But the really right answer is, what if he is?  Is there something wrong with being a Muslim in this country? The answer's no, that's not America.  Is there something wrong with some seven-year-old Muslim-American kid believing that he or she could be president?  Yet, I have heard senior members of my own party drop the suggestion, "He's a Muslim and he might be associated terrorists." This is not the way we should be doing it in America.

I feel strongly about this particular point because of a picture I saw in a magazine.  It was a photo essay about troops who are serving in Iraq and Afghanistan.  And one picture at the tail end of this photo essay was of a mother in Arlington Cemetery, and she had her head on the headstone of her son's grave.  And as the picture focused in, you could see the writing on the headstone.  And it gave his awards--Purple Heart, Bronze Star--showed that he died in Iraq, gave his date of birth, date of death.  He was 20 years old. And then, at the very top of the headstone, it didn't have a Christian cross, it didn't have the Star of David, it had crescent and a star of the Islamic faith.  And his name was Kareem Rashad Sultan Khan, and he was an American. He was born in New Jersey.  He was 14 years old at the time of 9/11, and he waited until he can go serve his country, and he gave his life.  Now, we have got to stop polarizing ourself in this way.  And John McCain is as nondiscriminatory as anyone I know.  But I'm troubled about the fact that, within the party, we have these kinds of expressions.

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Kareem Rashad Sultan Khan, 20 ans, mort en Irak

 

vendredi 24 octobre 2008

"LANDSLIDE" en perspective pour OBAMA !


OBAMA étrangement fort dans l'Ohio et l'Indiana!


Election 2008Obama McCainSpread
RCP National Average50.1 42.6Obama +7.5
Favorable Ratings+21.2 +10.3Obama +10.9
Intrade Market Odds86.8 13.6-
Electoral CollegeObama McCainSpread
RCP Electoral Count306 157Obama +149
No Toss Up States 364174Obama +190
Battleground StatesObamaMcCainSpread
Colorado 50.445.0 Obama +5.4
Ohio 49.743.7 Obama +6.0
Florida 47.845.8 Obama +2.0
Nevada 49.346.0 Obama +3.3
Missouri 48.045.3 Obama +2.7
North Carolina 49.247.2 Obama +2.0
Virginia 51.544.5 Obama +7.0
 

http://www.realclearpolitics.com/epolls/maps/obama_vs_mccain/

mercredi 22 octobre 2008

OBAMA et les kids...


le regard d'un enfant ... mieux qu'un long discours!

Saint-Louis, MI, OBAMA devant 100,000 personnes (18 Oct. 2008) !!!


If I am President, I will finally fix our broken health care system. This issue is personal for me. My mother died of ovarian cancer at the age of 53, and I'll never forget how she spent the final months of her life lying in a hospital bed, fighting with her insurance company because they claimed that her cancer was a pre-existing condition and didn't want to pay for treatment. If I am President, I will make sure those insurance companies can never do that again.
...
And if I'm President, we'll give every child, everywhere the skills and the knowledge they need to compete with any worker, anywhere in the world. I will not allow countries to out-teach us today so they can out-compete us tomorrow. It is time to provide every American with a world-class education. That means investing in early childhood education. That means recruiting an army of new teachers, and paying them better, and giving them more support in exchange for higher standards and more accountability.

lundi 13 octobre 2008

RCP Electoral Count 277/158 Obama +119 ---- No Toss Up States 353/185 Obama +168

dimanche 12 octobre 2008

Pourquoi McCain a déjà perdu


 

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Lorsqu'en Janvier dernier, John McCain a miraculeusement gagné les primaires de New Hampshire et de Carline du Sud, on pouvait parfaitement sentir la logique des électeurs Républicains. En face, Romney et Huckabee paraissaient trop conservateurs, économiquement et socialement. Romney, malgré son avance sur le plan financier, ne paraissait pas avoir la profondeur d'esprit et le charisme du Sénateur de l'Arizona (talent orateur nul, discours enfantins qui sonnaient faux, etc.).

 

La dynamique retrouvée de la campagne McCain, donnée totalement morte durant l'été 2007, était une véritable menace pour le camp démocrate, qui s'apprêtait à entrer dans une lutte sans merci pendant de longues semaines. Les Républicains avaient à juste titre choisi le candidat le plus expérimenté, équilibré, charismatique, respectable et susceptible de franchir les barrières politiques pour réunir indépendants et démocrates.

 

Or selon toute vraisemblance, et à moins de 4 semaines du scrutin présidentiel, il est évident que ce miracle n'aura pas lieu et que Barack Obama sera le prochain président des Etats-Unis. Tous ces avantages dont bénéficiait McCain ont été annihilés par de mauvais choix politiques :

 

-        Le choix catastrophique de Sarah Palin

o      Ce choix devait avoir 2 buts principaux :

§       Rendre plus énergique le soutien de la base conservatrice du GOP (anti-avortement, pro-armes, etc.): les meetings de McCain étaient catastrophiques de lenteur, de manque d'inspiration et d'énergie et il fallait en effet faire quelque chose.

§       Attirer vers McCain les femmes blanches déçues par le "mauvais" traitement, voire par l'humiliation subie par Hillary Clinton durant la campagne des primaires.

o      Or Il est désormais évident que le choix de Palin a été catastrophique et qu'il était motivé par des calculs politiques totalement cyniques d'un candidat dont le slogan est pourtant "Country first" !! 

 

-         L'absence totale de stratégie économique en temps de crise

o      à l'heure où les mesures d'urgence pour sauver les marchés financiers et les économies occidentales requièrent plus d'Etat et plus d'interventionnisme, à l'heure où des banques-fleurons du capitalisme galopant sont nationalisées, les slogans habituels des Républicains (moins d'Etats, moins d'impôt, dérégulation) ne sont clairement pas adaptés. L'opinion recherche plus de protection et des solutions vigoureuses susceptibles de réduire l'impact économique de la crise financière. Dans ce contexte, faire campagne pour maintenir les "tax cuts" massifs de Bush, est insensé.

 

-        La violence des attaques visant le caractère de Barack Obama

o      Ayers, Rezko et Wright sont redevenus des sujets importants dans les meetings de McCain et de Palin. "Mais qui est Barack Obama ?", se demandait samedi dernier McCain devant des militants de plus en plus violents, verbalement (une vielle dame totalement cliché qui affirmait en town hall qu'elle n'avait pas confiance en Obama parce qu'il est arabe ! Ou de cris, "go get him !", "kill him !", "terrorist !", etc.).

o      Ce "character assassination" a un effet négatif auprès des électeurs indépendants et des classes moyennes touchées par la crise. La maison brûle mais le directeur de campagne de McCain trouve le moyen de dire qu'il est temps de "tourner la page" de la crise économique (comme si le plan Paulson avait réglé tous les problèmes) et qu'il était temps de se concentrer sur la personnalité d'Obama.

 

Certains disent que Barack Obama surfe de façon opportuniste sur la vague de cette crise financière et son avance dans les sondages est directement liée à cette succession de séismes financiers. Or ils oublient que tout le programme social d'Obama tombe à pic contre les chantres de la dérégulation et qu'il a su mettre sur pied une campagne politique d'une dimension et d'une vigueur inégalées dans l'histoire électorale des Etats-Unis et du monde.

 

A ce sujet, lire l'excellent article du Washington Post sur l'ampleur du maillage de terrain par les militants pro-Obama ("grass-routs"). C'est cette extraordinaire force collective des militants qui portera le coup de grâce et clôturera de belle manière les deux mandats cauchemardesques de George Bush et du parti Républicain. Allez encore 3 semaine pour fêter ça !!

 

http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2008/10/11/AR2008101102119.html?nav=hcmodule

 

 

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samedi 11 octobre 2008

Le cri de John Lewis


John Lewis, l'une des figures historiques des luttes sociales, accuse McCain et Palin de semer la haine et la division: " They are playing a very dangerous game that disregards the value of the political process and cheapens our entire democracy". C'est puissant et ça vient de lui, ça fera mouche.

http://www.politico.com/arena/perm/John_Lewis_C42BBD6A-7821-4081-9870-082C08FF364E.html

lire le texte complet ici.

John Lewis, Rep. (D-Ga.):
As one who was a victim of violence and hate during the height of the Civil Rights Movement, I am deeply disturbed by the negative tone of the McCain-Palin campaign. What I am seeing reminds me too much of another destructive period in American history. Sen. McCain and Gov. Palin are sowing the seeds of hatred and division, and there is no need for this hostility in our political discourse.

During another period, in the not too distant past, there was a governor of the state of Alabama named George Wallace who also became a presidential candidate. George Wallace never threw a bomb. He never fired a gun, but he created the climate and the conditions that encouraged vicious attacks against innocent Americans who were simply trying to exercise their constitutional rights. Because of this atmosphere of hate, four little girls were killed on Sunday morning when a church was bombed in Birmingham, Alabama.

As public figures with the power to influence and persuade, Sen. McCain and Gov. Palin are playing with fire, and if they are not careful, that fire will consume us all. They are playing a very dangerous game that disregards the value of the political process and cheapens our entire democracy. We can do better. The American people deserve better.

samedi 4 octobre 2008

McCain abandonne le combat dans le Michigan !!!


 

Sarah Palin, le crash test politique permanent


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Après plusieurs bouts d'interview catastrophiques avec Katie Couric de CBS News ces 15 derniers jours et alors que l'économie américaine et les marchés financiers, tout comme la campagne de McCain, touchaient le fond, Sarah Palin s'est donc mesurée à la montagne Joe Biden lors du débat des candidats à la Vice-présidence des Etats-Unis hier soir (http://www.realclearpolitics.com/articles/2008/10/the_vice_presidential_debate.html).

 

Les « expectations », comme le disent les états-majors de campagne, étaient tellement réduit à néant que Palin ne pouvait que paraître "plutôt meilleure/moins catastrophique que prévue" dans les sondages post-débat. Mais au delà de la forme, même s'il m'est difficile de ne pas être partisan, ce flot de mots appris par cœur depuis un mois par un coaching intensif des anciens conseillers de Bush, bourrés de stéréotypes-charabia populistes déversés par la colistière de McCain n'a pu cacher son immense manque de qualification pour le job. (amateurs de rigueur verbale et intellectuelle s'abstenir: "Joe Sixpack", "hockey moms", kid's soccer game on Saturday, "drill baby drill" chant, maverick, "darn right it was the predator lenders", "darn right we need tax relief for Americans so that jobs can be created here", "Ah, say it ain't so, Joe", "Now, doggone it, let's look ahead", etc.).

 

Joe Biden au contraire a été précis, dur dans ses attaques, sans cependant cibler Palin directement et personnellement mais le haut du ticket GOP, son ami de 22 ans, John McCain : "John McCain has been dead wrong", a-t-il martelé à plusieurs reprises notamment au sujet de l'Irak. Quelque part, le goût d'inachevé laissé au terme du débat présidentiel par la douceur et la retenue désormais légendaires de Barack Obama a été contrebalancé par les charges sévères et précises du Sénateur de Delaware hier soir.

 

Les propos de Palin étaient souvent vagues et générales voire hors sujet : quelques passages à vide, refus de répondre directement aux questions posées, changement de sujet pour revenir a un sujet plus familier, répété tel un perroquet, etc.

 

Mais revenons aux faits, au delà des mots et de la forme, qui reconnaissons-le, n'ont pas été fatals à Sarah Palin hier soir:

 

-        Le débat était l'une des dernières grandes occasions télévisées pour le GOP de changer la donne en faisant de cette élection un referendum sur la personnalité d'Obama. Or ce débat est devenu un véritable crash test politique pour la gouverneure d'Alaska. Un test a double tranchant hypothéquant non seulement le sort de la campagne présidentielle à court terme mais aussi son propre avenir en tant qu'un éventuel leader du parti Républicain dans le cas d'une défaite de McCain. De ce point de vue, McCain et Palin n'ont pas pu saisir l'occasion. Ce débat n'a pas été un "game changing event" mais un débat sur la personnalité et les carences supposées ou réelles de Palin.

 

-        Sur l'Irak, Palin a confirmé sans surprise la vision de McCain à savoir un retrait programmé est synonyme de défaite et que les Etats-Unis devront rester en Irak jusqu'à la victoire finale (malgré les demandes de Nouri Al-Maliki et les dernières décisions de l'administration Bush ???!!!) 

o      "Your plan is a white flag of surrender in Iraq"

o      "We're getting closer and closer to victory, and it would be a travesty if we quit now in Iraq"

 

-        Sur le "surge", ce bon vieil argument central à la candidature McCain depuis 2 ans, elle a martelé qu'il avait réussi sans préciser qu'à présent le surge est bien dernier nous et qu'il n'a abouti à aucun résultat politique (ce qui était pourtant l'objectif stratégique initial de ce plan). Elle n'a présenté aucune stratégie de sortie de guerre pour mettre fin à cette catastrophe.

 

-        Sur l'Iran, elle a réutilisé les phrases alarmantes standard sans proposer la moindre démarche de résolution de crise. Par défaut, la seule option sérieuse pour le ticket Républicain semble bien être une nouvelle guerre sans fin (« bomb bomb bomb Iran »)

 

Il faut bien quelques jours de repos pour se désintoxiquer des propos de Palin ! Mais à force de se focaliser sur les carences de Palin, McCain perd un temps ultra précieux à 30 jours des élections et une énergie considérable (toute une équipe d'experts et de conseillers mobilisée pour éviter des faux pas). Hier, sa campagne a annoncé à Politico.com qu'elle se retirait de Michigan, un swing State qui, il y a quelques semaines, semblait pourtant à leur portée. L'expectative pré-débat a porté un préjudice énorme à la campagne McCain car la gestion de cette distraction (jargon Obama !) qu'est devenue Sarah Palin a fait perdre un temps considérable.

 

PS: L'éditorial du NYT assassine littéralement McCain pour avoir choisi Palin

In the end, the debate did not change the essential truth of Ms. Palin's candidacy: Mr. McCain made a wildly irresponsible choice that shattered the image he created for himself as the honest, seasoned, experienced man of principle and judgment. It was either an act of incredible cynicism or appallingly bad judgment.

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